Because I’m nappy : quel lien entre produits capillaires et fibrome utérin ?

> 09/11/2017

En 2017 encore, la coupe afro est parfois comparée, dans la presse féminine notamment, à "un dessous de bras" ou "un caniche", quand elle n'est pas complètement effacée grâce à Photoshop. Alors pour les femmes noires, refuser le défrisage et se laisser pousser les cheveux au naturel deviennent un "long travail d'acceptation de soi", voire prennent la forme d'une "revendication".

“Salut ma belle. Une petite coupe ?” La réponse est non. Pour Hawa, étudiante de 21 ans, il n’est plus question de remettre les pieds dans un de ces salons de coiffure afro disposés les uns à côté des autres et qui réalisent tressages, tissages et défrisages. Et ce, depuis déjà trois ans. “J’ai eu le déclic quand mon crâne a été à moitié brûlé lors d’un énième défrisage”, confie celle qui cache encore aujourd’hui ses cheveux sous une perruque tressée, “le temps qu’ils repoussent”. Le responsable de ce carnage ? Un défrisant composé d’actifs très agressifs tels que la soude, seul produit de coiffure chimique disponible à la vente en grande surface. Posé longuement sur la chevelure des adultes comme des enfants, il altère la nature même du cheveu et le fragilise. Alopécies ou brûlures sont monnaie courante. Si les conséquences des défrisants au niveau capillaire sont connues, ses effets au niveau sanitaire moins.

Une étude parue en janvier 2012 dans l’American Journal of Epidemiology établit un lien entre l’usage de ces produits et les risques de développer un fibrome utérin (tumeurs bénignes situées sur la paroi de l’utérus), des problèmes urinaires ou une puberté précoce. En cause, dans ce cas précis, des composants œstrogéniques interférant avec le système hormonal.

Lire la suite de l'article sur : Society (novembre 2017)